Kairomone
Quand un signal chimique se retourne contre son émetteur
Une kairomone est un signal chimique émis par un organisme et intercepté par un individu d'une autre espèce, qui en tire un avantage au détriment de l'émetteur. Ce terme s'oppose à la phéromone, qui est un signal chimique intra-espèce entre individus de la même colonie ou espèce.
Dans le contexte des fourmis, les kairomones jouent un rôle dans des interactions écologiques complexes. Certains parasites ou prédateurs détectent les pistes chimiques des fourmis pour les suivre jusqu'à leurs nids et les piller. Des coléoptères myrmécophiles, par exemple, ont évolué pour produire des substances chimiques imitant les phéromones des fourmis et se faire accepter dans la colonie.
Le terme kairomone vient du grec kairos (profit, avantage). C'est un concept important pour comprendre les relations interspécifiques dans lesquelles les fourmis sont impliquées, notamment dans les études sur le parasitisme et la myrmécophilie.
🔬 Le saviez-vous ?
Certains coléoptères du genre Myrmecaphodius, spécialisés dans le pillage des fourmilières, ont développé la capacité de produire des substances chimiques quasiment identiques aux phéromones de reconnaissance de leurs hôtes. Grâce à ces kairomones synthétisées, ils peuvent circuler librement à l'intérieur du nid sans être attaqués, et se nourrir directement du couvain ou des réserves de la colonie qu'ils infiltrent.